ben-mazue

© Léopold Jacqueline 

Il y a des soirées comme ça qui vous remplissent d’énergie et d’émotion. Ce soir, c’était l’une d’entre elle. Il y a plein de belles choses qui se sont produites en quelques heures. Mais ce dont je veux parler, surtout parce que vous pouvez aussi en profiter, c’est du spectacle de Ben Mazué.

« La princesse et le dictateur. »

Je ne vais pas faire de mystère, j’aime l’artiste, le poète, le musicien, j’aime les mots qu’il met dans ses textes au rythme aérien. Des vers qui n’auraient pas besoin de musique pour être si beaux mais le sont encore davantage quand un écrin de notes leur tient chaud. Nous tient chaud.

Parce que c’est ça le pouvoir de Ben Mazué : sa voix vous enveloppe d’un cocon de douceur, même si les textes parlent souvent davantage de douleur. Ben Mazué est lui-même, mais les autres aussi. Il se livre tout entier avec ses joies, ses choix, ses chances et ses peines, mais c’est un portait de nous et de nos vies qu’il dresse par la même. Un homme, une sœur, une dragueuse de balcon ou de salon, un père, une amie ou un mari : il est un et multiple en même temps, il est unique et entier. Il touche à l’universel en vous racontant son intimité.

Sur mon siège au premier rang, recroquevillée, j’ai ri et j’ai pleuré. Dans la cale du bateau qui abritait la scène, j’ai tangué. Sans savoir si c’était mon esprit qui perdait pied où le rythme des rimes qui se confondait avec celui de la Seine.

Au fil des minutes, alors que le film de sa vie se déroule, la bande originale nous transporte dans notre propre quotidien. Les débuts sonnants et trébuchants d’un amour, l’épaule d’un petit frère, les souvenirs d’une maison d’enfance qui font du bien. Nous sommes tous là au fond, quelques part au détour d’une allitération.

Et à la fin, c’est une ovation. Deux rappels au cours desquels on peut jeter les noms de ses morceaux préférés, pêle-mêle. « Vivant », « Confession d’un rap addict », « La résiliation ». Tout y passe et cette salle est belle, comble, 300 personnes qui réagissent à l’unisson.

A la sortie, une multitude de sourire et quelques mascaras qui ont coulé. Des étreintes, des pas qui résonnent sur les quais au milieu des rires et des paroles qui sont les nôtres : c’était beau. Les yeux qui pétillent des trois personnes qui m’accompagnaient finissent de me convaincre que c’était un moment particulier : Léopold et Lou deux convaincus de longue date, ainsi que Rubel.

Rubel qui ne parle pas français mais qui ce soir, l’a compris m’a-t-il dit.

Alors rien que pour ça, merci.

Publicités